Les conditions de plus en plus humides à l’automne pénalisent les semis de prairies de fin d’été. Les semis de printemps peuvent être une bonne alternative sur les sols très hydromorphes et inondés régulièrement l’hiver.

En fin d’hiver, le semis est à réaliser courant mars, voire début avril dans les secteurs les plus arrosés au printemps, soit lorsque le sol est ressuyé. Les jeunes semis peuvent être pénalisés par des gelées en semis trop précoces, ou par la sécheresse en semis tardif. Les plantes doivent surtout avoir suffisamment de temps pour développer leur système racinaire avant l’été. Pour cela, les graminées doivent avoir atteint le stade 4-5 feuilles et les légumineuses le stade 2-3 feuilles trifoliées avant l’apparition d’un stress hydrique. Si le semis ne peut être réalisé suffisamment tôt dans de bonnes conditions, il est encore possible de le reporter à l’automne et de semer une culture fourragère moins coûteuse, une autre culture ou encore semer la prairie sous couvert d’une plante-abri telle que l’avoine, l’orge et le pois qui compensera la perte de fourrage de 1ere année d’implantation. Ce couvert peut être fauché en fin de printemps (assez tôt pour faire la lumière) et il limitera le salissement. En effet, les semis de printemps sont plus favorables aux légumineuses (plantes « de jours longs ») mais également plus favorables aux adventices. Leur développement pourra être limité par un pâturage de courte durée avec un chargement élevé dès que l’herbe atteint 10 cm, ou bien par une fauche de nettoyage. Les semis sous couvert obtiennent aujourd’hui de très bons résultats. Hormis l’avantage pour les légumineuses, le semis de printemps permet globalement un développement rapide de la prairie.

Les règles d’implantation de printemps sont les mêmes qu’en fin d’été:

Bien affiner la terre, mais sans excès pour obtenir un sol fin et rouler (plusieurs fois s’il faut) pour rappuyer en surface. Le sol doit être meuble et homogène en profondeur pour un développement rapide des racines et pour favoriser les remontées capillaires. Attention donc à l’enfouissement des résidus végétaux en surface ou en fond de labour, aux zones compactes en fond de couche arable ou à l’inverse aux zones creuses.

Semer superficiellement (0.5 à 1 cm) et de façon régulière en limitant l’écartement le plus possible (ex: 8 cm) voire semer à la volée par exemple avec un semoir à céréales dont les descentes ont été relevées, la herse du semoir suffit à enfouir superficiellement les graines. Attention aux densités avec un semoir à engrais. Sinon, semer en ligne et réaliser un semis croisé en 2 passages. On observe de plus en plus de techniques de semis avec semoir pneumatique ou pas, avec ailettes ou pas et sur herse étrille ou autre. 

Il est tout de même nécessaire de rouler derrière pour favoriser la germination. Surveiller la levée. 

Le choix des espèces et variétés restent sélectionnées en fonction de la destination de la prairie. Le gnis propose un outil d’aide au choix des espèces et des variétés communes : http://www.prairies-gnis.org/pages/choix.php.

Globalement pour une prairie d’associations graminées-légumineuses à pâturer, mélanger 15 à 20 kg de graminées avec 4 à 5 kg de légumineuses et semer le tout à 25 kg/ha. Il ne semble pas nécessaire d’aller au-delà des 25kg/ha. 

La conduite durant la première année est également primordiale pour garantir sa productivité et sa pérennité : surveillance des limaces, absence de surpâturage, anticipation de la première fauche pour gérer le salissement… Les bonnes pratiques de gestion des surfaces en herbe permettront par la suite de favoriser la productivité et la qualité de cette prairie.