La fin de cet hiver est complexe sur certaines zones en termes de stocks fourragers suite à parfois plusieurs années de périodes sèches cumulées à des hivernages longs. La conjoncture viande n’étant pas très favorable partout, il apparaît difficile de jouer sur ce levier, notamment lorsqu’il faut plusieurs semaines pour vendre des animaux. L’achat de fourrage est ainsi nécessaire pour une partie d’entre vous. Or, la disponibilité en foin bio et la tension sur le marché en foin conventionnel entraînent une anticipation accrue des approvisionnements.

Il est clairement conseillé de privilégier l’achat de fourrages bio afin de maintenir la crédibilité du label et des systèmes bio, de respecter la cohérence des engagements, d’éviter les problèmes de contaminations, etc.

Merci aux producteurs ayant des fourrages bio ou C2 à vendre de le signaler via les outils de recensement tel que https://www.agribiolien.fr/ L’avantage de ce site est que les  annonces sont clairement en Bio ou C2, que vous avez accès au certificat du vendeur et que lorsque vous consultez une annonce vous savez à combien de kilomètres se trouve le vendeur.

(Il existe aussi des sites moins spécifiques au Bio : https://www.agriaffaires.com/ https://www.leboncoin.fr/; https://www.laballeronde.fr; Liste non exhaustive).

N’hésitez pas à nous contacter: Virginie PARRAIN (vparrain@bio-normandie.org) ou Alexandre ROUX (aroux@bio-normandie.org) pour signaler votre recherche ou vos ventes.

Vous pouvez également contacter votre certificateur qui peut avoir connaissance de stocks disponibles.

Il faut parfois aller chercher assez loin (Manche, Bretagne, Pays de la Loire…) pour obtenir une quantité intéressante.

Si vous ne parvenez pas à trouver de fourrage bio malgré ces recherches et contacts, vous pouvez faire une demande de dérogation si vous avez trouvé du fourrage conventionnel. En Agriculture Biologique,c’est l’INAO qui gère les demandes de dérogation ouverte par les règlements, en cas de circonstances exceptionnelles. Pour les dérogations de fourrage bio, vous pouvez saisir vos demandes de dérogation en ligne sur ce site : https://sve.derogationbio.inao.gouv.fr. Vous pourrez ainsi suivre en ligne et en temps réel l’avancée de l’instruction de votre demande. Si vous préférez la forme papier, il est toujours possible de télécharger le formulaire ICI. Il faudra prouver d’un bilan fourrager nettement déficitaire. Sachez que l’INAO, malgré les dérogations ouvertes étant donné la situation dans certaines zones, nous consulte avant d’autoriser l’achat de conventionnel. 

La dérogation est soumise à conditions d’applications

Les aliments non biologiques sont donnés par ordre de priorité à des animaux non productifs (jeunes non commercialisés, animaux de renouvellement) ou à des animaux en production qui ne sont pas destinés à être certifiés durant la période de dérogation, et suivant cet ordre: 

  • fourrages issus de parcelles en C2 ;
  • à défaut, les fourrages issus de parcelles en C1 ;
  • à défaut, les fourrages issus de prairies permanentes et de prairies temporaires conventionnelles (foins, ensilages, enrubannages…) ;
  • à défaut, la paille conventionnelle ;
  • à défaut, les autres fourrages qui ne seraient pas disponibles en qualité biologique, à l’exclusion du maïs ensilage.

Dans le cadre de la dérogation, les animaux en production, dont les produits sont amenés à être certifiés en agriculture biologique, peuvent être nourris avec des aliments en 2ème année ou en 1ère année de conversion à l’agriculture biologique sans limite. À défaut, des aliments conventionnels peuvent être utilisés, à condition que leur proportion soit inférieure à 50 % sur la période de dérogation. Au-delà de ce seuil, les produits seront déclassés. Dans le calcul de cette proportion, il est possible d’inclure les pâtures en évaluant la quantité de fourrage (en matière sèche) prélevée. Pour pouvoir être valorisés en agriculture biologique, les animaux producteurs de viande qui deviennent productifs au moment de l’abattage doivent bénéficier pendant les trois mois précédant l’abattage d’une alimentation conforme aux règles habituelles. Aucune dérogation ne sera accordée pour les céréales sous forme de grains ou d’ensilages.

Les animaux en conversion simultanée peuvent être nourris avec des fourrages C1 et C2 ne provenant pas essentiellement de l’unité de production, tout en gardant le bénéfice d’une conversion totale à 24 mois.

Pour éviter tout risque de déclassement, il est important d’anticiper ces démarches et surtout avertir les OC de la situation. 

Si ce problème revient maintenant régulièrement, il faudrait refaire un point ensemble sur votre chargement, les leviers d’actions ou faire une analyse globale du système de production en vue des décalages saisonniers.