Les questions fréquentes sur la bio

Produire Bio
En passant en bio ma charge de travail va-t’elle augmenter ?

Les agriculteurs bio ne travaillent pas nécessairement plus. La quantité de travail va dépendre des cultures et du système : selon la rotation, les systèmes de cultures, la structure de l’exploitation, les facteurs externes (climat) et le système de commercialisation choisi, la charge de travail sera très variable.

La bio est-elle possible sur une grande exploitation?

Ce n’est pas la taille de la ferme qui pose problème en soi. L’importance, c’est la cohérence. Grande ou petite, une ferme bio (comme toute exploitation) a sa logique, et un projet de passage en bio – quelle que soit la taille de la ferme – nécessite du temps de préparation et de réflexion. C’est un projet qui se mûrit !… Pour passer en bio, il est parfois prudent pour une grande exploitation de prendre plus de temps et d’envisager une conversion progressive. Le réseau et les producteurs bio peuvent vous apporter un appui, et pendant cette période, des visites chez d’autres producteurs sur des systèmes similaires sont toujours riches d’enseignements.

Si je passe en bio, vais-je voir baisser mes rendements ?

Tout dépend de là où l’on part ! Si vos pratiques et vos itinéraires techniques sont déjà proches de l’agriculture biologique, la baisse de rendement peut être tout à fait minime ! En agriculture biologique, il est surtout important, de rester cohérent entre les productions que l’on envisage, les conditions dans lesquelles on se propose de les conduire, et le potentiel agronomique de ses sols. De plus, ne jamais oublier qu’une diminution de rendement ne veut pas dire une diminution de marge !!

Selon vos pratiques, vous êtes susceptibles de faire des économies de charges en produits phytosanitaires, en engrais solubles… Enfin, selon les productions, les diminutions de rendements peuvent se traduire par une meilleure expression de la qualité des produits et des terroirs, et bons nombres de producteurs sont tout à fait satisfaits de leur niveau de rendements une fois passés en bio, même s’ils sont inférieurs aux rendements habituels  de l’agriculture conventionnelle ; il est donc très important de réfléchir en termes de « niveau de rendement souhaité » et d’objectif de marge…

Et si mes vaches sont malades, comment faire pour les soigner ?

Tout d’abord, il faut bien savoir que les élevages en conversion ou en bio n’ont pas plus de problèmes sanitaires que les élevages conventionnels ! De nombreuses études et suivis de fermes réalisées par l’Institut de l’Elevage ou l’INRA le montrent. En élevage biologique, les maîtres mots sont observation et prévention. Afin d’éviter les problèmes, les rythmes de production sont respectés. Et si les niveaux de production peuvent être moindres, les animaux ont moins de risques d’être malades ; les coûts de production sont alors moindres aussi, et la marge reste donc bien au rendez-vous. De plus, les médecines vétérinaires alternatives existent également (comme que l’homéopathie ou la phytothérapie) et montrent leur efficacité sur le terrain. De plus en plus de vétérinaires les utilisent d’ailleurs, y compris en élevages conventionnels.

La bio peut elle nourrir le monde?

La faim dans le monde est un problème d’accès à la nourriture disponible ! Nous produisons déjà assez d’aliments pour nourrir le monde : on estime qu’il faut en moyenne 200 kg d’équivalent céréales par habitant pour être bien nourri. Nous en produisons aujourd’hui 330 kg. Si l’on souffre de malnutrition ou que l’on meurt de faim, c’est que l’on n’a pas l’argent nécessaire pour acheter la nourriture disponible. La raison essentielle des problèmes de non couverture des besoins alimentaires est donc, avant tout, liée à une inégalité de répartition des ressources et non pas à un problème de quantités insuffisantes !