Dans le cadre des éco-régimes, la Fnab souhaite instaurer un PSE bio, à hauteur de 500 millions d’euros à l’horizon 2027. Les aides à la conversion mobiliseraient quant à elles 523 millions d’euros. Le tout multiplierait par cinq l’allocation de budget de la Pac à l’agriculture biologique.

145 euros par hectare par an au titre d’un Paiement pour services environnementaux (PSE) pour les exploitations certifiées en Agriculture biologique (AB) et une prime moyenne à la conversion de 250 euros par hectare et par an pendant cinq ans : telle est la proposition que la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) souhaite voir inscrire dans le Plan stratégique national. « Dans la programmation actuelle, l’agriculture bio est soutenue à hauteur de 230 millions d’euros par an, soit 2% du budget de la Pac, a déclaré Guillaume Riou, président de la Fnab, à l’occasion d’un débat en présence de plusieurs parlementaires le 7 avril. Moyennant le transfert de 15% du montant du premier pilier vers le second pilier, contre 7,5% actuellement, la France se donnerait les moyens d’atteindre 20% d’AB en 2027 ».

L’enveloppe allouée à la bio dans les éco-régimes passerait de 320 millions d’euros en 2023 à 500 millions d’euros en 2027 du fait de l’augmentation des surfaces converties, représentant un total de 2 milliards d’euros sur la programmation 2023-2027, contre 2,6 milliards d’euros pour l’aide à la conversion, à raison de 523 millions d’euros par an.

Rémunérer des services plutôt que compenser des déficits

Soutenir l’AB via les éco-régimes reviendrait indirectement à ré-instaurer l’aide au maintien supprimée en 2018 mais selon une toute nouvelle philosophie. « Qu’il s’agisse des aides au maintien, à la conversion ou encore des Maec, on est sur des aides compensatoires qui viennent dédommager des déficits de marge brute, poursuit Guillaume Riou. Avec le PSE bio, on rémunère les agriculteurs pour des services rendus à la collectivité sur des enjeux environnementaux, de santé publique, d’emploi, d’aménagement du territoire. C’est beaucoup plus valorisant ».« Il faut introduire une corrélation entre les surfaces et les hommes et les femmes présents sur les territoires »

En ce qui concerne le financement, le budget n’étant pas extensible, la Fnab mise sur une réallocation des fonds liés au paiement redistributif et sur le plafonnement. « Il faut introduire une corrélation entre les surfaces et les hommes et les femmes présents sur les territoires, sans quoi il n’y aura pas d’agriculture biologique mais la poursuite de l’agrandissement, avec la perte programmée de 170.000 à 200.000 agriculteurs », poursuit Guillaume Riou.

La bio au niveau de la HVE, voir de la certification de niveau 2

La revendication de la Fnab est loin d’être acquise. « Lors de notre entrevue avec le ministre de l’Agriculture le 6 avril, on n’a quasiment pas entendu les mots « bio » et « produits phytosanitaires », témoigne Daniel Salmon, sénateur EELV d’Ille-et-Vilaine.« Ce n’est pas rendre service aux paysans, que de céder sur l’exigence des éco-régimes »

« Rien n’a été publié et on en est réduit à rumeurs, déclare Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle. Mais l’hypothèse qui est sur la table, ce sont des éco-régimes qui distingueraient très peu, voire pas du tout, les aides à la bio des aides à la HVE voire à la certification environnementale de niveau 2. Or, cette dernière correspond quasiment à la norme de l’agriculture réglementée. C’est tout à fait surprenant. Ce n’est pas rendre service aux paysans, que de céder sur l’exigence des éco-régimes. La vague sur la santé des sols et des Hommes ne s’arrêtera pas et ce que l’on n’obtiendra pas par une transition soutenue par l’Etat se produira de façon violente sous l’effet du marché et de l’opinion publique ».

Un article de Raphaël Lecocq

Source : https://www.pleinchamp.com/actualite/la-fnab-reclame-1-milliard-d-euros-par-an-pour-l-agriculture-bio

Crédit photo : Distribution de paniers bio dans une Amap (Crédit photo : R. Lecocq)