Un aperçu de la filière bovine française en 2019

Un aperçu de la filière bovine française en 2019

France

La viande bovine biologique représente 1,5% du marché de la viande bovine en 2016. Le chiffre d’affaire de la viande bovine biologique est de 374 millions d’euros en 2018. Ce chiffre d’affaire est en augmentation de 32,5% depuis 2016.

BREGER, MEA, 2018 : La
structuration de la filière bio en France : Etats des lieux et défis futurs

 

 

ca marché france
Evolution du mombre d'exploitation bovins viande AB sur les dernières années

On recense en 2018, 4 191 exploitations bovines allaitantes biologiques en France. Il y a eu une augmentation de 32% du nombre d’exploitations entre 2016 et 2018. La taille d’un élevage spécialisé bovins viande compte en moyenne 35 vaches allaitantes.

AGENCE BIO, 2018 : Synthèse régionales de la production biologique

Le nombre de bovins viande abattus en 2018 est de
154 265 têtes, représentant 17 046 tonnes
équivalent carcasse de viande. Sur les 5 dernières
années (de 2014 à 2018), il y eu une augmentation
de 71% de la quantité de viande bovine abattue.
C’est un marché d’autant plus florissant puisque 20%
de tonnes équivalent carcasse supplémentaires ont
été abattues en 2018 par rapport à l’année 2017.

INTERBEV, 2018 : Observatoire des viandes bio ;
AGENCE BIO, 2018 : Les chiffres 2018 du secteur bio

Evolution de tonnes de viiande équivalent carcasse bovine biologique sur les 5 dernières années

Normandie

La Normandie possède 7 % du cheptel national en bovins viande bio.
Il y a une disparité du nombre d’exploitations biologiques très importante entre les départements de Normandie. Il y a davantage d’exploitations bovines spécialisées dans l’orne et le calvados que dans
les départements de Seine Maritime et de l’Eure. En Normandie, il y a 279 exploitations certifiées bio, représentant en moyenne 10 000 têtes.

 

INTERBEV, 2018 : Observatoire des viandes bio.

REPARTITION DU CHEPTEL ALLAITANT EN BIO EN 2016. Source : Produire Bio, 2016 : les filières bovines et ovines viande bio

Transformation et consommation

L’offre disponible en nombre de têtes répond à la
demande de la consommation française en viande bovine biologique. De ce fait, il n’y a pas eu d’import de viande biologique bovine en France en 2018.
La majorité des ventes de viande bovine de race
allaitante est réalisée en GMS. Les autres circuits de
commercialisations sont la boucherie traditionnelle (16% des ventes), des magasins spécialisés (12% des ventes) et en vente directe chez les producteurs (11% des ventes).

INTERBEV, 2018 : Observatoire des viandes bio.

Source : INTERBEV, 2018 : Observatoire des viandes bio.

L’enquête « les français et la consommation de viande bio » financée par la commission Bio d’Interbev a permis de
recenser les motivations des consommateurs sur l’achat de viande bovine biologique. Interbev est une association
nationale interprofessionnelle de l’élevage et des viandes. Cette enquête a permis de relever en 2018 que 96% des Français interrogés déclaraient manger de la viande. 

Cette proportion est identique à celle de 2017 sur le même sondage.
Parmi ces 96% personnes déclarant manger de la viande, 74% consommaient de la viande bio. La proportion de
personnes interrogées mangeant de la viande biologique est en augmentation. En effet, il y avait 71 % de personnes
consommant de la viande bio en 2017, 70 % en 2016 et 59 % en 2015.

(Sondage IFOP, 2018)

La période de conversion :

Il existe 2 différents types de conversion : la conversion simultanée et la conversion non-simultanée.

  • La conversion simultanée : Les terres et les animaux sont convertis simultanément. Tous les bovins viande
    sont biologiques après les 2 ans de conversion.
  • La conversion non-simultanée : Les terres sont converties dans un premier temps (la 1ère année) puis les
    animaux (la 2ème année) dans un second temps. La règle des ¾ de la vie s’applique. Par exemple, un bovin
    converti en bio à l’âge d’1 an sera biologique à l’âge de 4 ans.
  • Pour le renouvellement du cheptel, il est possible d’acheter des animaux conventionnels dans la limite de 10% du
    cheptel adulte. L’introduction d’animaux conventionnels à des fins d’engraissements est interdite.

Règlement (CE) n°834/2007 sur l’agriculture biologique

 

Réglementation

Les bovins destinés à l’engraissement doivent être nés et
élevés selon le mode de l’agriculture biologique pour
être commercialisés en bio.
Les animaux achetés dans le but d’être engraissés doivent
provenir d’exploitations biologiques. La mixité d’un
troupeau bovin biologique et un troupeau non
biologique est interdite. La mixité est autorisée
seulement si les espèces sont différentes.
La surface au sol disponible est réglementée dans les
bâtiments et les aires d’exercice.

Règlement (CE) n°834/2007 sur l’agriculture biologique

 

Réglementation

La gestion de la santé et du bien-être animal :

La santé des animaux est gérée préférentiellement de manière préventive plutôt que curative. Concernant les
traitements allopathiques :

  • Pour les bovins âgés de moins d’1 an : 1 seul traitement curatif est autorisé par an
  • Pour les bovins âgés de plus d’1 an : 3 traitements curatifs sont autorisés par an

L’utilisation d’antiparasitaires doit être justifiée par une prescription vétérinaire complétée d’un diagnostic et/ou analyse indiquant la présence de parasites.
Il est préférable de réaliser l’ébourgeonnage plutôt que l’écornage avant l’âge de 2 mois.

Concernant l’écornage, il ne doit pas être réalisé de façon systématique. Seul l’organisme de certification peut
déroger au cas par cas.

  •  Ebourgeonnage avant les 4 premières semaines d’âge : analgésie obligatoire
  •  Ebourgeonnage après les 4 premières semaines d’âge : anesthésie locale ou générale obligatoire par un
    vétérinaire

Règlement (CE) n°834/2007 sur l’agriculture biologique

 

 

Alimentation Animale

La ration annuelle doit être composée au minimum de 60% de matières sèches de fourrages grossiers (frais, séchés
ou ensilés) biologiques produits sur l’exploitation. La réglementation (CE) n°834/2007 prévoit l’introduction de
fourrages C1 et C2 sous certaines conditions :

  • Possibilité d’introduire des fourrages C1 AUTOPRODUITS : 20%
  • Possibilité d’introduire des fourrages C2 AUTOPRODUITS : 100%
  • Possibilité d’introduire des fourrages C2 provenant d’une autre exploitation : 30%

Avec les périodes estivales séchantes, les éleveurs bio peuvent avoir des difficultés pour alimenter leurs animaux et
pour s’approvisionner en fourrages. Une bourse de fourrages nommée AGRIBIOLIEN est en ligne et permet de
mettre en relation les offres et les demandes de fourrages.

Pour accéder à cette bourse en ligne, il faut être :

  • Producteur bio adhérent à Bio en Normandie 
  • Créer un compte directement en ligne

logo-agribiolien

Freins au dévellopement

Les éleveurs naisseurs conventionnels qui souhaitent convertir leurs exploitations au système biologique ont
davantage de difficultés que les éleveurs naisseurs-engraisseurs conventionnels.
En effet, les éleveurs naisseurs doivent passer à un système d’élevage naisseurs-engraisseurs en plus de convertir
leur exploitation en bio. Il existe très peu d’engraisseurs bovins viandes biologiques en France.
Ces changements nécessitent en amont de gérer des paramètres tels que :

  • La finition des animaux,
  • Le maintien de l’autonomie alimentaire
  • Les flux de trésorerie. 

 

Mot de M. JACQUES SECQUE, co-président UNEBIO

« Nous arrivons à un tournant pour nos filières : la disponibilité en animaux bio s’accroît, alors que la majorité des
points de vente est aujourd’hui pourvue en viande bio. La baisse structurelle de consommation de produits carnés
tend à affecter également la filière bio. UNEBIO continue sa différenciation en tant qu’outils collectif des éleveurs
bio. C’est en mettant en avant nos valeurs et nos savoir-faire depuis la production jusqu’à la commercialisation, que
nous allons relever les défis qui se profilent. Eleveurs bio organisés et expertise des opérationnels dévoués à la bio,
voilà ce qu’il est nécessaire de valoriser. Nous devons continuer ensemble à se mobiliser et investir pour répondre
aux enjeux de nos filières. »

Jacques SECQUE, co-président UNEBIO, UNEBIO vous informe n°56, septembre 2019.

Bibliographie

AGENCE BIO, 2018: Les chiffres 2018 du secteur bio.
AGENCE BIO, 2018: Synthèse régionales de la production biologique
BREGER, MEA, 2018 : La structuration de la filière bio en France : Etats des lieux et défis futurs
INTERBEV, 2018 : Observatoire des viandes bio.
OBSERVATOIRE de la Chambre d’Agriculture, 2019 : Panorama de l’agriculture en Normandie.
SONDAGE IFOP, 2018 : l’enquête menée sur « les français et la consommation de viande bio ».
PRODUIRE BIO, 2016 : les filières bovines et ovines viande bio.
REGLEMENT (CE) n°834/2007 : la réglementation biologique.
UNEBIO vous informe n°56, septembre 2019.

Jacques SECQUE, co-président UNEBIO, UNEBIO vous informe n°56, septembre 2019.

Contact

Virginie PARRAIN,
Conseillère Elevage BeN
mailto:vparrrain@bio-normandie.org/
06.35.71.76.37

 

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