Légumes

Les légumes bio, moteurs de la croissance du marché de la bio

Selon l’Agence Bio, en 2015, on comptait près de 7007 exploitations produisant des légumes bio sur 18 682 hectares notifiés en bio. En dix ans, la filière a connu un développement soutenu : depuis 2007, le nombre de maraîchers et de producteurs de légumes bio a plus que doublé.  Les fruits et légumes bio avec les œufs bio sont souvent les premiers produits consommés en bio.
En production de légume, on distingue deux types de production. Les producteurs de légumes de plein champ produisent quelques légumes mais en grande quantité alors que les maraîchers produisent une gamme de légume très diversifiée.

La filière et les chiffres clefs

cartenormandieCartographie des producteurs bio en légumes

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Opportunités économiques de la filière Légumes

2015 est une année historique pour le marché bio, avec une hausse de 700 millions d’euros du chiffre d’affaires. Face à une agriculture conventionnelle en perte de vitesse, la bio gagne toujours plus de parts de marché (croissance du taux de pénétration). A l’exception des fruits et légumes, les prix militent à la stabilité ou à la baisse, c’est donc à l’augmentation des volumes vendus que l’on doit cette belle année. Trois familles de produits ont tiré les ventes bios : les fruits et légumes (effet prix en progression et effet volume), le vin et l’épicerie.
Selon Interfel, en 2015, le marché des fruits et légumes frais bio est en croissance (+4%/2014 en volume, +8%/2014 en valeur).

Les légumes bio restent donc un des produits phare du marché bio, 80 % des consommateurs de produits bio achètent des fruits et légumes bio.

Par ailleurs, l’engagement politique des collectivités territoriales dynamise l’installation de porteurs de projet en maraîchage et favorise la mutation des surfaces agricoles vers la Bio.


 La lettre filière nationale

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Fermoscopies

Aurélie BOUSSELAIRE & Paulin BAVENT, maraîchers diversifiés

“Notre installation s’est déroulée progressivement. Nous avons été tous les deux double-actifs. S’installer à deux nous semblait primordial, d’une part pour répondre à la charge de travail, et d’autre part pour pouvoir se compléter en termes de connaissances et de savoir-faire mais également d’affinités envers nos différents postes. La question de la production biologique ne s’est pas posée. En effet, pour nous produire en bio, c’est de la conscience professionnelle et cela traduit un profond respect pour la terre, les animaux et les humains. Nous ne nous voyions pas nous installer autrement.”

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Olivier et Laëtitia de SUTTER, maraîchers diversifiés

“Nous avons pris l’engagement auprès des AMAP de passer en agriculture biologique. Nous ne regrettons pas notre choix car il nous a permis de rencontrer une nouvelle clientèle avec laquelle nous pouvons discuter de notre mode de production. De nombreux amapiens viennent nous aider pour les chantiers les plus demandeurs en main-d’oeuvre [désherbage notamment].”

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Les principes de production

La conduite des productions végétales est basée sur l’amélioration constante de la fertilité et de l’activité biologique des sols et privilégie l’apport d’amendements organiques. L’utilisation de produits chimiques de synthèse est interdite. Il s’agit de nourrir le sol pour nourrir la plante. En production de légumes, de nombreuses espèces sont cultivées, chacune ayant des besoins particuliers.


Gestion des adventices, maladies et ravageurs

La protection biologique des plantes suppose une observation constante de la nature dans son ensemble.
L’apparition de maladies ou de parasites sur nos plantes révèle des erreurs culturales ou des conditions de développement défavorables.
Un des buts de l’agriculture biologique est de renforcer les mécanismes de résistance propres aux plantes et de favoriser les processus de régulation naturels. Les mesures préventives sont donc fondamentales dans le travail au quotidien du maraîcher bio.

L’assurance d’une bonne maîtrise des adventices, des maladies et des ravageurs réside dans plusieurs principes:

  • la rotation des cultures
  • une bonne gestion de son sol
  • le choix de variétés rustiques et adaptées
  • le choix d’itinéraires adaptés (dates de semis et plantation, densité appropriée…)
  • la protection des auxiliaires naturels (haies, bandes fleuries…)
  • le choix de techniques : désherbage mécanique, désherbage thermique, faux semis, utilisation d’engrais verts, introduction d’auxiliaires de cultures, utilisation de filets anti-insectes…

De façon générale, bien connaître les adventices, les ravageurs et les maladies est gage de réussite.


 La planification

La planification est un élément essentiel du bon fonctionnement d’un atelier maraîchage. En anticipant les besoins en légumes tout au long de l’année et en recoupant ces besoins avec un planning de culture adapté à la région, on peux ainsi déterminer un calendrier de plantation et de semis pour chacune de ses parcelles.

L’Association Bio Normandie a réalisé un calendrier de mise en terre permettant de se repérer dans les différentes dates de semis, plantation et récolte pour les principaux légumes. Nous avons également mis en place un tableur servant de support à la planification. Il part de l’estimation des ventes tout au long de l’année pour parvenir aux surfaces de chaque légume et enfin aux quantités de semences et plants à commander.

Pour aller + loin >> Réaliser sa planification et obtenir un calendrier de mise en terre

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La rotation

En maraîchage biologique, une attention particulière est apportée à la rotation des cultures : c’est une clé importante de réussite car elle limite les risques sanitaires.
La gestion de l’azote est une autre dimension à prendre en compte, d’où le recours aux légumineuses captant l’azote de l’air, aux engrais verts hivernaux piégeant les nitrates disponibles dans le sol à l’automne, au compost, etc.

La rotation est un principe de base essentiel en agriculture biologique. Elle consiste à alterner les familles botaniques lors de la succession des cultures ainsi que les types de légumes (feuilles, fruits, racines, etc.).

Les objectifs d’une rotation en maraîchage bio sont nombreux :

  • Limiter la concentration des parasites et pathogènes sur la parcelle en coupant leurs cycles de développement.
  • Prospecter le sol à différentes profondeurs, en alternant des plantes ayant des systèmes racinaires différents (fasciculé, pivotant).
  • Alterner des cultures ayant des besoins minéraux différents, dus à des développements végétatifs différents (légumes racines ou tubercules, légumes feuilles, légumes fruits et graines).
  • Maintenir les terres propres grâce à l’alternance de cultures faisant appel à des techniques différentes de lutte contre les adventices (paillage, sarclage/cultures en plein, buttage).
  • Assurer la fertilisation de fond sur une tête de rotation, qui sera une culture gourmande et supportant des apports massifs en amendements organiques, éventuellement peu décomposés.
  • Placer en fin de rotation les cultures n’exigeant aucun apport de matière organique.

La gestion de la rotation est plus délicate sous abris qu’en extérieur. En effet, la famille des solanacées (tomate, aubergine, poivron) revient très souvent et est indispensable à la commercialisation.


La fertilisation

« Nourrir le sol pour nourrir la plante » est un des principes de bases de l’agriculture biologique. En effet un sol en bon état permet aux racines des légumes un développement optimal. Par conséquent, le sol doit avoir une bonne structure, être bien drainé, être chaulé si nécessaire et enrichi en matière organique.
La fertilisation doit être adaptée au type de sol. Ainsi une analyse de sol est souvent nécessaire.

Pour aller + loin >> Réaliser ce type d’analyse de sol et établir votre plan de fertilisation

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La fertilisation est basée sur des rotations longues des cultures, des engrais verts et l’épandage d’effluents bio. Si ces méthodes ne suffisent pas, d’autres engrais peuvent être utilisés, y compris des effluents conventionnels d’origine non industrielle, à condition qu’ils soient dans la liste positive dédiée. Par accord tacite, l’interprétation courante est qu’il est possible d’utiliser le fumier d’un élevage dès lors qu’il n’est pas « hors-sol ».

L’azote minéral est interdit. L’apport d’effluents ne doit pas dépasser 170 kg N/ha, cette limite annuelle ne s’appliquant qu’aux engrais organiques d’origine animale.


Récolte et stockage

Certains légumes se conservent peu et doivent être récoltés peu de temps avant la vente, tandis que d’autres peuvent être conservés plusieurs mois. Une bonne conservation de ces légumes permet notamment de proposer une gamme diversifiée l’hiver.
Récolter les légumes au bon moment en évitant les blessures est un premier pas pour une bonne conservation. Il est ensuite important de les conserver à une hygrométrie et une température optimales.

Calendrier de mise en Terre >> réservé aux adhérents

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La lettre technique régionale

Visuel lettre technique mensuelle en maraîchage

Une lettre technique mensuelle vous tient informé de l’actualité du maraîchage bio en Normandie. Vous pourrez y lire des conseils techniques avisés, des témoignages, un suivi épidémiologique, l’agenda du mois et des suggestions de notre équipe de conseillers faites à partir d’observations de terrain.

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La commercialisation

Les OEPB en Normandie

Des associations de maraîchers bio s’organisent pour mutualiser leurs moyens de commercialisation et proposer toute l’année au consommateur des produits de qualité de Normandie, telles que Terre Bio Normandie (TBN) et Inter Bio Normandie Services (IBNS).

Pour aller + loin >> Accès aux sites de Terre Bio Normandie et d’Inter Bio Normandie Services

La Mercuriale des Prix

Élaborée à partir de relevés de prix réguliers proposés par les producteurs bio normands, la mercuriale permet à chaque participant de se positionner sur le marché des légumes bio.
Les prix sont indiqués par légume et par type de commercialisation (vente directe, intermédiaire). Une analyse du prix donne des informations sur les tendances du marché.

Mercuriales des Prix >> réservé aux adhérents

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Les circuits courts

photo marché

Les fruits et légumes bio sont les produits bio les plus consommés en France (selon le baromètre de l’Agence Bio / CSA) mais aussi les produits bio les plus vendus en vente directe en Normandie. 168 exploitations agricoles vendent directement sur les marchés ou à la ferme leurs légumes bio en Normandie.

Outre la vente à la ferme et le marché, la vente directe peut aussi prendre la forme d’une Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne (AMAP).

En Normandie, il existe 122 AMAP et collectifs d’achat en contrat avec près de 200 producteurs bio, avec une concentration autour des grandes pôles urbains de la région (Caen, Rouen, Le Havre) (données Agence Bio 2013). Ainsi, plus de 3500 familles s’alimentent en bio et local en circuits courts en Normandie.

Pour aller + loin >> Annuaire des AMAP de Haute-Normandie et de Basse-Normandie
Pour aller + loin >> Boite à outils « relocalisation des échanges en légumes biologiques »

Cette boîte à outils s’adresse aux organisations de développement agricole, notamment les groupements d’agriculture biologique régionaux et départementaux (GRAB et GAB) et les organisations économiques de producteurs qui souhaitent accompagner la dynamique de relocalisation des échanges en fruits et légumes bio, par le biais des relations producteurs-magasin(s). Elle peut être également utile aux magasins.
Cet outil fait partie de ceux développés par le réseau FNAB pour construire une nouvelle économie bio durable, équitable et relocalisée.

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Pour aller + loin >> Consulter la fiche thématique « Commercialiser mes produits »

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Références techniques, économiques et sociales

Maraîchage bio en Basse-Normandie : des clés pour se repérer

Références techniques, économiques et sociales en maraîchage biologique diversifié

Ce livret  est issu d’une enquête sur 31 fermes maraîchères bio de la région. Il présente les principales caractéristiques des exploitations bas-normandes : ancienneté, surfaces, main d’œuvre, résultats économiques, matériel, temps de travail, commercialisation… Vous y trouverez des données générales sur la production, ainsi que des cas concrets à travers 14 fiches de fermes.
Tarif : 10 € (+ frais de port). Gratuit pour nos adhérents.

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Trajectoires de fermes et évolutions des systèmes

Trois ans après la première étude, nous sommes retournées voir 18 fermes en maraîchage bio diversifié en nous posant la question suivante : comment les maraîchers font évoluer leur système pour réussir à concilier attentes sociales, économiques et éthiques ?  Pour rendre compte de la similitude de certains choix mais aussi de la diversité des trajectoires individuelles, ce livret est constitué d’une analyse transversale et de fiches de fermes

Télécharger l’étude Télécharger les fiches de fermes

 


Acquérir des références pour accompagner les maraîchers bio normands, via des essais

L’Association Bio Normandie en collaboration avec les Chambres Départementales d’Agriculture met en place une série d’essais de plein champs.

Expérimentation Variétale

>>  Recherche et développement de variétés légumières adaptées à l’agriculture biologique et aux conditions pédoclimatiques de la région. Les résultats de ces essais sont compilés à l’échelle du Grand Ouest (Pays de la Loire, Bretagne, Normandie) dans les guides variétaux actualisés tous les deux ans.

>>  Recherche et développement de variétés légumières dans un objectif de diversification des assolements (patates douces…).

Expérimentation systémique

>> Recherche et développement d’itinéraires techniques innovants mobilisant des techniques issues du Maraîchage sur Sol Vivant (maraîchage biologique de conservation des sols) et de la permaculture (associations de culture, densification des plantations…).

>> Recherche et développement sur l’introduction d’engrais verts dans les rotations maraîchères :

  • Évaluation de l’efficacité de différents types de couverts
  • Évaluation du comportement des espèces couvrantes

 

Les Outils d'Aide à la Décision

L’Association Bio Normandie vous propose plusieurs outils pour vous accompagner dans le montage de votre projet ou sa pérennisation.

Le Calendrier de mise en terre et de disponibilité des légumes

 

Le Calendrier de mise en terre et de disponibilité des légumes est l’outil indispensable à tout maraicher bio. Adapté au contexte pédo-climatique des petites régions agricoles normandes, il vous permettra de planifier la culture de 70 de vos légumes préférés.

Tarif : 8 € (+ frais de port). Gratuit pour nos adhérents.

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Le Guide variétal

Le Guide Variétal Grand Ouest vise à aider les producteurs dans leurs commandes de graines et de plants. Il approfondit les choix de chaque espèce et propose des informations sur une gamme importante en maraîchage : plus de 45 cultures y sont détaillées. Il prend en compte :

  • les variétés adaptées à la région
  • les exigences du marché et de la production biologique
  • la disponibilité des semences bio et non traitées

Différent d’un simple catalogue, ce guide est une préconisation des variétés qui présentent actuellement un intérêt technique.

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Le Guide des fournisseurs

Le Guide des Fournisseurs propose une liste non exhaustive de fournisseurs proposant au niveau local, régional et national :

  • des semences bio et non traitées
  • des plants maraîchers
  • des produits de protection des cultures
  • des fertilisants, amendements, terreaux et activateurs biologiques
  • des serres, matériels plastiques / biodégradables, emballages, irrigation et autres matériels agricoles utilisables en agriculture biologique

Ce guide des Fournisseurs est mis à jour régulièrement grâce aux retours de nos lecteurs.

Pour aller + loin >> Télécharger le Guide des Fournisseurs en Maraîchage Biologique

Les grandes lignes règlementaires

PÉRIODE DE CONVERSION

Pour les productions végétales, la durée de la conversion est assez simple à gérer. Elle est de 2 ans pour les cultures annuelles et de 3 ans pour les cultures pérennes (vergers).

DES BASES RÉGLEMENTAIRES

  • Non utilisation de produits chimiques de synthèse ;
  • Non utilisation d’azote minéral ;
  • Non utilisation d’OGM ;
  • Produits autorisés répertoriés sur la liste positive annexée au règlement européen.

CONVERTIR TOUT OU PARTIE DES CULTURES ET DE L’EXPLOITATION

La production bio et non bio est possible sur une même exploitation moyennant les précautions suivantes :

  • Séparation des ateliers bio et non bio (parcelles, stockage, intrants) ;
  • Utilisation d’espèces et de variétés différentes et « facilement distinguables » ;
  • Traçabilité sans faille (contrôle de l’organisme certificateur renforcé) avec des unités clairement distinctes (parcelles, bâtiments, etc.) et un registre attestant de ces séparations.

Elle constitue souvent une étape vers une conversion totale.

Pour aller + loin >> Consultez les fiches réglementation en productions végétales

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