Le projet européen Organic-PLUS (https://organic-plus.net/) a pour objectif de chercher des alternatives aux intrants litigieux utilisés en agriculture biologique notamment en élevage avec les antibiotiques et antiparasitaires. Les autres volets concernent les intrants litigieux en lien avec le sol (plastique, tourbe…) et en production végétale (cuivre…). Le projet est programmé sur quatre ans (2018-2021) et inclut 13 pays européens, dont la France au travers de l’INRA et d’ABioDoc-VetAgro Sup.

C’est dans le cadre de ce projet, qu’ABioDoc-VetAgro Sup, en coordination avec le service DAFNAE de l’université de Padoue (responsable du volet élevage de ce projet), a participé à une enquête sur la gestion de la santé animale dans les élevages biologiques français pour faire face à un manque d’information sur l’utilisation des traitements allopathiques en élevages biologique à l’échelle européenne.

L’enquête en ligne a été menée de novembre 2018 à janvier 2019 dans onze pays européens. Pour le moment, seule une analyse préliminaire des résultats obtenus en France a été effectuée (une analyse comparative entre les différents pays sera effectuée ultérieurement).

En France, 1065 agriculteurs biologiques ont été contactés par mail. Trois associations d’agriculteurs ont également diffusé l’enquête à leur réseau d’éleveurs. Sur les 155 réponses reçues, 135 ont été retenues pour l’analyse. Voici la synthèse des résultats :

L’année dernière, 36,9 % des agriculteurs interrogés n’ont pas utilisé d’antibiotiques. D’autres agriculteurs ont tout de même dû traiter certains de leurs animaux, même si le traitement antibiotique ne s’applique pas à l’intégralité de leur cheptel. Au total, 87,7 % des agriculteurs ont, en moyenne, appliqué moins d’un traitement antibiotique par animal à l’échelle de leur cheptel. Les parasites internes représentent le problème de santé le plus récurrent dans ces élevage (62,0 % des élevages les ont cités comme des problèmes récurrents, soit 80 élevages sur 129). Deux autres problèmes ont été fréquemment cités par les éleveurs : les boiteries (35,7 % ; 46 sur 129) et les mammites (34,9 % ; 45 sur 129). Le recours à un traitement conventionnel ou à un traitement alternatif (phytothérapie, homéopathie, etc..) dépend de la nature du problème de santé. De manière générale, les éleveurs ont principalement recours à la phytothérapie et aux traitements conventionnels. L’homéopathie est plus spécifiquement utilisée contre certaines maladies (mammites, boiteries, maladies intestinales et respiratoires). Les probiotiques sont très peu utilisés, seuls quelques éleveurs en utilisent pour soigner des maladies intestinales (maladies pré-stomacales, gastro-intestinales et diarrhées). D’autre part, les éleveurs trouvent assez facilement des informations sur les traitements alternatifs, en priorité auprès d’autres agriculteurs (66,4 %) ou de leur vétérinaire (46,3%).

Cette analyse préliminaire a mis en évidence que les élevages biologiques n’ont pas forcément besoin de recourir à des traitements (il n’est pas rare que les élevages ne soient pas concernés par les différentes maladies évoquées). Elle révèle également que les agriculteurs ont recours à des traitements alternatifs (phytothérapie, homéopathie) différents selon le type de pathologie. Les traitements conventionnels restent encore largement utilisés contre les mammites et les boiteries qui sont des problèmes de santé fréquemment rencontrés dans les élevages interrogés. Il est donc nécessaire de poursuivre les recherches afin de trouver des alternatives à l’administration de ces traitements et de communiquer sur les alternatives possibles.

L’intégralité de cette synthèse est disponible sur le site d’ABioDoc :

http://www.abiodoc.com/documents-abiodoc/syntheses-rapports/resultats-preliminaires-enquete-organic-plus-elevages-biologiques-francais