Alors que de nombreuses études montrent une imprégnation de la population aux pesticides, un collectif de professionnels de santé et de l’alimentation appelle, dans une tribune au « Monde », le gouvernement à agir, au travers de la PAC, afin de favoriser le développement de l’agriculture biologique.

Tribune. Si la politique nutritionnelle du gouvernement recommande, notamment à travers le Programme national nutrition santé (PNNS), d’aller vers une alimentation biologique pour les produits végétaux, c’est bien parce que l’exposition de la population aux pesticides est une préoccupation majeure de santé publique et qu’il faut absolument agir pour la réduire.

Nous, professionnels de santé, nutritionnistes, scientifiques, spécialistes de la santé et de l’alimentation, demandons au ministère de l’agriculture et de l’alimentation de prioriser dans la politique agricole commune (PAC) la réduction drastique des pesticides dans la production et dans l’alimentation en favorisant le développement de l’agriculture biologique.

Les études montrent une imprégnation générale de la population, y compris du fœtus (données InVS 2013, complétées par celles des cohortes Pélagie et Elfe), par les pesticides. On le sait, les principales sources d’exposition sont l’alimentation et la boisson (Inserm 2013, expertise collective « pesticides et santé »).

En France, la moitié des aliments non bio contient des résidus de pesticides, trois en moyenne (rapports sur la contamination des aliments par les pesticides : DGCCRF, France, 2016 et EFSA, Union européenne, 2018), dont 60 % sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. Les premières victimes sont bien sûr les professionnels agricoles et leurs enfants, pour qui l’exposition et donc les conséquences sont majorées (expertise collective « Pesticides : effets sur la santé », Inserm, 2013 ; « Cancer incidence in the AGRICAN cohort study (2005-2011) », Clémentine Lemarchand et al., Cancer Epidemiology, n° 49, 2017, p. 175-185).

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Source : Le Monde, « Quel hiatus entre politique de santé et politique agricole ! » du 27 mai 2021